[ . ]Douleur et écoeurement. Voilà ce qu'est l'amour. Jamais expérience n'a été plus éprouvante que celle-ci. Ces quelques instants de bonheur valent-ils ces affres ?
[ . ]Mon corps froid reprit des couleurs, et comme au sortir d'une trop longue hibernation, engourdie encore par mon froid intérieur, je m'ébrouais, j'hésitais sur mes pieds, je titubais. Mon corps diaphane devint opaque, mes lèvres de marbre devinrent moelleuses, mon c½ur d'ivoire devint argile. Je m'éveillais. La nature reprit ses droits, je devins capricieuse, colérique et lunatique. Et il ne s'apercevait pas de ces changements si soudains.
[ . ]Et je craignais. Je craignais qu'il ne parte, qu'il ne se lasse, qu'il ne me quitte, qu'il ne m'abandonne à mon sort, qu'il me haïsse...
[ . ]Je changeais de corps, celui qu'il haïssait avait disparu.
[ . ]Sans haine, pas d'amour. Sans objet de haine, plus de haine. Donc plus d'amour.
[ . ]Il a claqué la porte, un soir d'été. Dans le lointain, l'orage tonnait, il se rapprochait. Le courant d'air emporta avec lui l'odeur du champ de blé, dehors, que l'on venait de labourer. Et le silence. Et le froid de ma peau malgré la moiteur ambiante. Et ma peau de craie. Ainsi revient la neige après le feu.