Songe d'une nuit d'été. Part I.

Songe d'une nuit d'été. Part I.


[ . ]La porte claque dans le lointain, un bruit sourd sans écho, sec comme un orage d'été. Etrangement, ce sont mes yeux qui sentent la brise légère. Synesthésie. Cette invraisemblance des sensations m'a toujours réjouie, ce moment soudainement subtil où tous mes sens s'éveillent à la fois, pour saisir, tous d'un seul, le claquement bref, cet éclair de vision, ce vent léger sur ma peau, et cette odeur si particulière, comme si un champ de blé fraîchement moissonné se tenait derrière cette embrasure refermée. Le rêve. Seul le rêve permet une telle perception, lorsque tout le corps se raidit, attentif dans la moindre de ses cellules, à cette réaction chimique si admirablement complexe : le souvenir. Rêve et souvenir. Les réminiscences proustiennes. Cette porte fermée, le blé, le vent. Je n'ai rien inventé. J'ai tout rêvé. J'ai tout rappelé à ma mémoire endormie par les années écoulées.
[ . ]La porte claque dans le lointain. Mon corps se raidit, non plus pour saisir, mais par réaction de stupeur et d'égarement. Un rêve, un souvenir qu'il m'aurait fallu effacé. Chaque nuit, dans mon sommeil, il revient pourtant, inlassable dans son harcèlement. Il revient me hanter, avec son odeur qui inonde mes yeux, et cette brise, cette brise tellement parfaite qu'elle en devient irréelle, effrayante même. Ma peau la perçoit, mais que dire de mon ouïe, si aguerrie à ce sifflement discret au creux de mon oreille, à ce chatouillement sonore si délectablement infini. La porte exerce une telle fascination sur mon esprit endormi qu'il ne peut la chasser. Alors, irrémédiablement, elle surgit, chaque nuit.



[ . ]Tout commence toujours par une histoire d'amour. Ou de haine. Martin avait vingt deux ans la première fois que j'ai croisé son chemin. Je l'ai croisé, littéralement, coupé, sous son pied. Ce chemin si parfait qu'on avait tracé pour lui, et qu'il avait approuvé, dans ses errances, pour se donner un but. Je l'ai coupé, ce chemin, moi, toute entière, mon corps androgyne, ma linéarité, mon uniformité, ma chevelure de bronze, mes yeux d'argent. Voilà ce qu'il a croisé. Voilà ce qui l'a pétrifié. La violence de sa réaction m'a touchée, me touche toujours, me heurte même, quand j'y repense. A l'instant même où ses yeux se sont posés dans les miens, j'ai vu toute la haine qu'il me portait, de cette ranc½ur immédiate et inexplicable, réaction physique à un corps diaphane. Mes longs doigts anguleux et d'une blancheur de craie touchant à la transparence tenaient une cigarette. L'ocre du filtre se reflétait sur mes lèvres de marbre, et mes yeux d'argent, froids, révélaient toute l'indifférence que je portais au monde et à ses habitants. Ma silhouette sans forme, ma peau laiteuse sur laquelle flamboyaient les mèches folles de ma couverture de bronze, tout chez moi pousse à une antipathie profonde et sincère. Mais cette haine était aussi exacte et intense qu'un amour étincelant, et comme lui elle arrête et elle attire. Un coup de foudre, de dépit et de haine.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Saturday, 23 May 2009 at 3:42 AM

Edited on Wednesday, 27 May 2009 at 3:41 PM

372 . Here, there are no strangers. Only friends that haven't met.

372 . Here, there are no strangers. Only friends that haven't met.
I don't know what to say, except that for a quite obscur reason, I'm kind of depressed.


Darling, I hate to see you so angry with the world. Maybe it's selfish of me to look at you and say "Come back to me girl I love and I'll stay". Cause I love your smile, yes I love your smile! How I love your smile, more than you know.
[Charlie Winston]

Later maybe. Or earlier, we'll see.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Saturday, 09 May 2009 at 5:35 PM






Bienvenue en pays nantais. Voilà. C'est ça. Juste ça. Depuis le temps que ce petit périple pas tout à fait Breton me tendait les bras, j'ai enfin fini par l'enlacer. Belles retrouvailles. Et tout ce merveilleux soleil au bord de cette mer si bleue (non en fait, mais faisons comme si l'océan Atlantique était vraiment bleu, c'est plus poétique...), avec mon Chou, ma rousse préférée et Mouton, que ce fut bien! tout ce sable répandu sur ce canapé depuis lequel j'écris. Un sentiment de libération que je n'avais pas ressenti depuis beaucoup trop longtemps. J'ai envie de grandeur, pour tout. Je veux vivre dans une grande ville, où se poser le soir dans un bar en sirotant des bières comme du petit lait permet de faire des rencontres (si si, je vous assure, c'était vachement sympa même!), où il n'est pas si difficile que ça de trouver des vêtements à son goût, où on se sent libre de faire ce qu'on veut, sans s'intéresser pour le moins du monde du regard de cet inconnu qui restera à vie inconnu qui vous regarde avec ces yeux surpris et réprobateurs quand vous passez devant lui les bras chargés de cartons surmontés, tout en haut, d'un Mouton en peluche... Tout cela me manque, même s'il s'agit plutôt d'une fausse nostalgie puisque j'étais, je pense, trop jeune pour penser à tout ça. Faire de nouvelles rencontres et de nouvelles découvertes, arrêter de rester enfermer dans un cercle défini d'amis plus ou moins proches, et de retomber, quoiqu'il arrive, toujours sur les mêmes personnes, quoiqu'on fasse. Cette ville m'oppresse de plus en plus. Cette autre, non. Le choix n'a rien de cornélien, quitte à sacrifier quelques mètres carré de confort et de verdure. Celle-ci ou une autre, peu importe. Ailleurs. La vraie vie est ailleurs. Elle le sera toujours.

# Posted on Friday, 01 May 2009 at 12:50 PM

370 . J'ai le dégoût très sûr.

370 . J'ai le dégoût très sûr.
How was I to know that this was always only just a little game to you? All the time I felt you gave your heart, I thought that I would do the same for you. Tell the truth, I think I should have seen it coming from a mile away, when the words you say are: “Baby I'm a fool who thinks it's cool to fall in love”. If I gave a thought to fascination I would know it wasn't right to care, logic doesn't seem to mind that I am fascinated by the love affair. Still, my heart would benefit from a little tenderness from time to time, but never mind, cos "Baby I'm a fool who thinks it's cool to fall in love". Baby I should hold on just a moment and be sure it's not for vanity. Look me in the eye and tell me love is never based upon insanity. Hear the way my heart is beating every other moments fleeting, kiss me now, don't ask me how, cos Baby I'm a fool who thinks it's cool to fall, baby I'm a fool who thinks it's cool to fall, and I would never tell if you became a fool and fell in Love.

1 - 2 - 3 - 4

Merci Amandine pour cette petite découverte musicale!

# Posted on Tuesday, 28 April 2009 at 4:10 PM

Quoi?
Que me vaut ce long soupir? Car beaucoup de choses le méritent en ce moment. Les larmes? Oui, c'est bien certain, mais c'est inévitable. La perte complète de repères lorsqu'il est question d'amour? Je t'avouerai que c'est mon cas, tout cela a vraiment bouleversé ma manière que percevoir ces choses là. Mon manque d'inspiration et d'intérêt? I totally agree with that.

Love you Choue.

XO XO Gossip Girl.

# Posted on Friday, 24 April 2009 at 11:46 AM