Ce serait comme mourir de bonheur.
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# Posté le dimanche 29 mars 2009 05:37

I was the one who let you know, I was your sorry-ever-after.
[The Connells]
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# Posté le mercredi 25 mars 2009 13:25

363 . De deux choses l'une.

363 . De deux choses l'une.


Falling in love could be achieved in a single word - a glance.
[Ian McEwan]



- Alors, Lamélie, dit Cidrolin,en attendant de te marier, veux-tu te distraire ou t'instruire?
- Non, papa, ce que je veux, c'est baiser.
- A la tévé, on ne baise guère, remarqua Lucet.
- On ne baise même pas du tout, dit Yoland.
- Vous êtes bêtes, dit Bertrande, c'est parce qu'il y a des mômes qui regardent.
- Les tiens, demande Sigismonde, tu les laisseras regarder tant qu'ils voudront?
- Rien que ce qui est instructif, dit Yoland. Surtout les actualités. Ca leur apprendra l'histoire de France, l'histoire universelle même.
- Comment ça? dit Lucet.
- Eh bien oui, les actualités d'aujourd'hui, c'est l'histoire de demain. C'est ça de moins qu'ils auront à apprendre à l'école puisqu'ils la connaîtront déjà.
- Là, mon vieux, tu déconnes, dit Lucet. L'histoire ça n'a jamais été les actualités et les actualités c'est pas l'histoire. Faut pas confondre.
- Mais si, justement! Au contraire!! Faut confondre!!! Regarde un peu voir. Suppose que tu es devant la tévé, tu vois je dis bien et je répète: tu vois, Lucien Bonaparte qui agite sa sonnette, son frère dans un coin, les députés qui gueulent, les grenadiers qui se ramènent, enfin quoi tu assistes au dix-neuf brumaire. Après ça, tu vas te coucher, tu dors pendant cent ans et puis tu te réveilles; alors à ce moment-là, le dix-neuf brumaire c'est devenu de l'histoire et tu n'as pas besoin de regarder dans les livres pour savoir cexé.
- C'est idiot, dit Sigismonde, il n'y avait pas la tévé dans ce temps-là.
[Raymond Queneau, Les Fleurs bleues]
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# Posté le mardi 24 mars 2009 14:28

362 . Romeo - I dream'd a dream to-night. Mercutio - And so did I. Romeo - Well, what was yours? Mercutio - That dreamers often lie.

362 . Romeo - I dream'd a dream to-night. Mercutio - And so did I. Romeo - Well, what was yours? Mercutio - That dreamers often lie.
Why not?
Because I read it too much, and because I post it too much,
it doesn't mean I don't like it anymore, or you don't like it anymore.
So. Why not? No reason. So let's go.




Benvolio - What sadness lengthens Romeo's hours?
Romeo - Not having that, which, having, makes them short.
Benvolio - In love?
Romeo - Out-
Benvolio - Of love?
Romeo - Out of her favour, where I am in love.





Romeo - Why then, O brawling love! O loving hate!
O any thing, of nothing first created;
O heavy lightness! serious vanity!
Mis-shapen chaos of well-seeming forms!





Romeo - Is love a tender thing? it is too rough,
Too rude, too boisterous, and it pricks like thorn.
Mercutio - If love be rough with you, be rough with love;
Prick love for pricking, and you beat love down.
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# Posté le lundi 23 mars 2009 14:23

361 . Si notre vie est déjà toute tracée, je choisis le chemin tortueux: j'aime prendre mon temps.

361 . Si notre vie est déjà toute tracée, je choisis le chemin tortueux: j'aime prendre mon temps.

Vers de terre
amoureux
d'une étoile.

[Victor Hugo, Ruy Blas]


Springtime shining on my shoulders.


[ . ]Toujours aussi débordée de vacuité. Je m'invente des obligations pour ne pas avouer que c'est seulement moi qui ne prends pas le temps, parce que d'autres activités aussi vides de sens m'attirent davantage que celle-ci. Alors je néglige ce coin de bureau sur lequel je griffonne des idées fausses, des mots menteurs, des sentiments maladroitement feints. Je vis de plus en plus l'écriture comme un mensonge. On fait dire ce que l'on veut aux mots, ils ne se réveilleront pas un jour pour révéler cette imposture si bien masquée. Oui, les mots sont une imposture à mes yeux. Voilà qui est navrant, je le sais. Mais rien n'est véritable dans ce que l'on écrit. Pourquoi? Parce que les interprétations varient avec les gens, et ce qui voulait être dit au départ, n'est plus dit à la fin; l'imagination galopante de ces lecteurs sans vergogne voit soudain dans quelques mots alignés une déclaration d'amour enflammée ou un aveu mordant de sentimentalité, là où l'aligneur avait été emporté par de belles sonorités ou avait apprécié la justesse du ton sans s'intéresser au sens. J'aime lorsque Aragon assène brusquement: "J'ai été mené chez l'Ogre non par un raisonnement, mais par une rencontre de mots, ou de sons, la nécessité d'une allitération." Tout est dit. Mais les auteurs sont morts de préférence, alors jouissons de cette liberté d'interprétation anachronique.
J'ai comme un immense surplus de mots, malgré ceux que je trace par centaines chaque semaine. Mais je ne sais pas exactement sur quoi ils veulent se déverser, sur quel sujet sans intérêt, comme je viens de l'illustrer, ils vont s'acharner. Alors je me tais.


What kind of life is not an exhibition?



"Je crois que la vieillesse arrive par les yeux,
Et qu'on vieillit plus vite à voir toujours des vieux!"
[Victor Hugo, Ruy Blas]
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# Posté le vendredi 20 mars 2009 14:52

Modifié le vendredi 20 mars 2009 16:53