I'm pretty sure you have a new girlfriend... It's not as if I don't like you, it just makes me sad whenever I see you. 'Cause I like to be gone most of the time, and you like to be home most of the time. If I stay in one place, I lose my mind. I'm a pretty impossible lady to be with.
[Kimya Dawson]
Le réel ne suffit pas. La vraie vie est ailleurs. La banalité affligeante de tels propos est à vomir d'ennui, mais passons, c'est du Rimbaud, enfin je crois. Prolongeons le plaisir en disant que j'ai un besoin accru d'absolu. Ca ne veut rien dire, concretement, mais on perçoit l'idée, enfin je crois. Je m'emmerde profondément dans ma vie, enfin je crois. Mais pourquoi alors tomber dans ces faux airs de rébellion qui font dire que "boire et fumer, y a qu'ça d'vrai!" ? C'est complètement con. Il n'y a pas besoin de sortir de cette norme, et de rentrer dans une autre -- censée être celle de la débauche et de la marginalité, qui, en fait, une fois adoptée par l'ensemble de la jeunesse contemporaine, ne veut plus rien dire -- pour faire quelque chose de sa vie, quelque chose qui nous satisfasse nous, moi en tout cas, n'en ayant que foutre de l'opinion d'autrui. Pour utiliser une métaphore scandaleusement rabattue, je suis comme au milieu d'un chemin fréquenté par une quantité informe de personnes, et j'essaie désespérement d'aller dans le sens opposé au leur, pour me donner l'impression de faire quelque chose. Sauf qu'au final, je n'arrive pas à me retourner et je finis dans le même plan bidon que tous les autres pequenots. Et là, maintenant, assise sur mon fauteuil inconfortable, je me demande pourquoi je cherche absolument à être originale. Y trouverai-je plus de satisfaction personnelle? J'en doute. Je suis d'une banalité à mourir, je m'ennuie moi-même, et j'ennuie les autres. Je ne sers à rien, comme vous tous. Eh bien, la vie va être longue.